Sunday, November 29, 2015

2015 @ The Movies Take 143 Suffragette

Movie review originally published on Facebook - YEAR 2
Critique cinéma d'abord publiée sur Facebook - 2ème ANNEE:


2015 @ The Movies Take 143 "Suffragette" Sarah Gavron takes on a topic that has been depicted in a variety of British productions over the years. In spite of a first-rate cast and a very high production value, the script may seem a bit of a by-the-book British drama. However, Gavron manages to inject a modern eye to the protest scenes that are more immersive thanks to a mobile camera at the heart of the crowd and dynamic editing. Overall, the film truly succeeds in conveying the everyday physical hardship facing the working class women of the time. A hardship that ultimately fuels their political action. Thanks to that, the movie avoids being a too much of a pamphlet and has a greater chance to connect with a modern audience. When I saw the film, as the light came back on, a young woman in the audience told her friend "OMG! I had no idea, all this for the vote." Let's hope the conversation continues beyond the lobby. Experienced at Moxie Cinema on November 29 in theater 1 with Anne Pankhurst & Josh Watts. 



And now aux urnes!
2015 se paie un toile 143ème prise "Suffragette" (Sortie française le 18 Novembre 2015) Sarah Gavron s'attaque à un sujet qui a été maintes fois porté à l'écran dans les productions anglaises. Malgré une distribution de rêve et un niveau de production très élevé, le scénario a tout du drame britannique assez convenu. Cependant, Gavron réussi à injecter un oeil moderne dans les scènes de manifestations grâce à une caméra mobile et immersive au coeur de la foule et un montage très dynamique. De manière générale, le film retranscrit très bien la souffrance physique quotidienne ce ses femmes des classes ouvrières. Cette même souffrance qui va nourrir leur engagement politique. Grâce à cela, on évite le côté pamphlétaire et offre une plus grande chance de rentrer en dialogue avec le spectateur de 2015. À la fin de la séance , quand la lumière s'est rallumée, un jeune femme dans la salle s'est exclamée "Putain! J'avait pas idée, et tout ça pour le vote!" Espérons que la conversation s'est poursuit au delà des portes du cinéma. Vu au Moxie Cinema le 29 Novembre dans la salle 1 avec Anne Pankhurst et Josh Watts.
La bande annonce VOSTF: 

Wednesday, November 25, 2015

2015 @ The Movies Take 142 Fat City (1972 - 4K Restoration)

Movie review originally published on Facebook - YEAR 2
Critique cinéma d'abord publiée sur Facebook - 2ème ANNEE:


2015 @ The Movies Take 142 "Fat City"(1972) John Huston's boxing film was recently digitally restored and re-released in 4K. The new copy is not only stunning, but it makes Rocky (1976) look like a walk in the park. Huston offers a brutally honest look at the lives of low-tier working-class boxers. Let's hope it will "Help Me Make It Through the Night" - to quote the opening credit song by Kris Kristofferson - as the dreams of youth collide with the social reality that knocks the wind out of any form of hope. While the journey of aging alcoholic boxer Tully, portrayed by a great Stacy Keach, is depressing and sometimes pathetic, the film concludes with a surprising epiphany that may usher a path towards self-acceptance. However, this film was made at a time when Hollywood had a much greater tolerance for ambiguous endings, so it is up to the viewer to ponder about it. It is always special to catch such a classic on the big screen, but, as a last resort, the HD restored version is also for rent on Amazon and iTunes. Experienced at the Film Forum on November 25 in theater 3. 


Also check the restored clip in HD below the French review:
And now la grosse ville:
2015 @ se fait une toile 142ème "La Dernière Chance (Fat City)" (Sortie française le 11 Janvier 1973) Le film de boxe de John Huston a subi une restauration digitale et ressort en 4K. Non seulement la nouvelle copie est somptueuse, mais le film fait passer Rocky (1976) pour une promenade dominicale. Huston dresse là un portrait brut et sans compromis d'ouvriers boxers de deuxième division. En espérant que cela m'aidera à tenir jusqu'à la fin de la nuit ("Help Me Make It Through the Night") - pour reprendre le titre de la chanson de Kris Kristofferson qui ouvre le film - quand des rêves de jeunesse s'entrechoquent avec une réalité sociale qui écrase d'un coup de poing toute forme d'espoir. Quand la trajectoire de Tully, un boxer vieillissant et alcoolique, joué par un excellent Stacy Keach, est déprimante et pathétique, le film se termine sur une épiphanie surprenante qui ouvre peut-être un chemin vers un nouvelle conscience de soi. Cependant, ce film date d'une époque où Hollywood avait une plus grande tolérance des fins ambigües, donc c'est au spectateur d'y réfléchir. C'est toujours une expérience unique de voir un tel classique sur grand écran, mais, à défaut de mieux, cette nouvelle version en HD est aussi disponible à la location sur iTunes et Amazon. Vu au Film Forum (NYC) le 25 Novembre dans la salle 3.
Un extrait de la version restaurée VOSTF: 

Tuesday, November 24, 2015

2015 @ The Movies Take 141 Carol

Movie review originally published on Facebook - YEAR 2
Critique cinéma d'abord publiée sur Facebook - 2ème ANNEE:


2015 @ The Movies Take 141 "Carol" Todd Haynes delivers a beautifully shot love story that is only matched by the superb level of craft of its lead actresses, Cate Blanchett & Rooney Mara. The emotional transformation of both characters always rings true and prevents the film from becoming a flat social commentary about its period. Without betraying the specificity of its context, it deftly explores universal and timely themes of self-acceptance, and personal freedom. One directorial choice that stood out to me is how the two female lovers are often shot through foggy or rainy windows. It gives them this out-of-focus status as if they do not have their place in the world they must live in. A technique reversed at the moment of their initial encounter then the rest of the world falls off-focus. A must-see that definitely deserves some Oscar nod. Experienced at the Angelika Film Center (NYC) on November 24 in theater 1. 


And now Carole:
2015 se paie un toile 141ème prise "Carol" (Sortie française le 13 Janvier 2016) Todd Haynes nous livre là une histoire d'amour magnifiquement mise en scène et parfaitement à la hauteur du superbe jeu de ses deux actrices principales, Cate Blanchett & Rooney mara. La transformation émotionnelle des deux personnages ne sonne jamais faux et empêche le film de tomber dans le commentaire sociologique ronflant sur la période. Sans pour autant renier la spécificité de son contexte, le film explore les thèmes universels et courants de la liberté individuelle et la conscience de soi. Un choix de mise en scène qui m'a marqué est la manière dont les deux amantes sont souvent filmées au travers de fenêtres embuées ou ruisselantes. Ça les nimbe de flou comme si elles n'étaient pas à leur place dans le monde où elles doivent exister. Cette technique est inversée au moment de leur rencontre, à ce moment là c'est le reste du monde qui devient flou. Un film à voir qui mérite considération pour les Oscars. Vu au Angelika Film Center (NYC) le 24 Novembre dans la salle 1.
La Bande Annonce VOSFT:

2015 @ The Movies Take 140 Love (3D)

Movie review originally published on Facebook - YEAR 2
Critique cinéma d'abord publiée sur Facebook - 2ème ANNEE:


2015 @ The Movies Take 140 "Love (3D)" With this latest effort, Gaspar Noéattempts to depict romantic love making explicitly in a mainstream film. The actors engage in sexual activities (mostly not simulated) that are usually only shown in phonographic movies. The difference being they are framed in a narrative with a greater purpose than just titillate. In an effort to enhance the experience, and add a layer of provocation, the film is shot in 3D and clocks at 2h15min. While the challenge and initial boldness can be laudable, the execution fails to impress. After 2 hours 15 minutes, we become well-acquainted with wide array of genitalia; however, the characters attached to them are flat, and boring. Their passion is tepid and the resulting debauchery mechanical and tedious. The 3D element is almost not exploited except for the predictable finale of a hand-propelled activity. Stay home and re-watch "Blue Is the Warmest Colour" or "In the Realm of the Senses" for true passion on the explicit screen. Experienced at the Angelika Film Center (NYC) on November 24 in theater 2. 



And now l'amour en trois D
2015 se paie un toile 140ème prise "Love (3D)" (Sortie Française le 15 Juillet 2015) Avec son dernier long-métrage, Gaspar Noé essaye de porter l'amour physique à l'écran de la manière la plus explicite possible. Les acteurs jouent des scènes de sexe (la plupart non simulées) qui sont habituellement réservées aux films pornographiques. À la différence que leurs ébats font partis d'une histoire dont le but n'est pas seulement d'émoustiller. Pour ajouter du piment à l'expérience, et une bonne couche de provocation, le film est en 3D et dure 2h15min. Quand on peut saluer la témérité de l'entreprise, l'execution est loin d'être convaincante. Après 2 heures et 15 minutes, on devient intime d'une belle collection d'organes génitaux; cependant, les personnages qui les relient sont creux et ennuyeux. Leur passion est tiédasse et la débauche résultante mécanique et pénible. Le côté 3D est quasi-inexploité si ce n'est pour le bouquet final très téléphoné d'une activité manuelle répétitive. Rester à la maison et repasser vous "La vie d'Adèle" ou "L'Empire des Sens" pour de la vraie passion sur écran sans vergogne. Vu au Angelika Film Center (NYC) le 24 Novembre dans la salle 2.
la Bande annonce de chez nous:

Monday, November 23, 2015

2015 @ The Movies Take 139 Mustang

Movie review originally published on Facebook - YEAR 2
Critique cinéma d'abord publiée sur Facebook - 2ème ANNEE:


2015 @ The Movies Take 139 "Mustang" While it is not the first film to to portray women subjugated by a traditional patriarchal culture, Turkish-French director Deniz Gamze Ergüven's Mustang avoids pure victimization. Instead, she films her young female cast with an exuberant energy and striking physicality. It makes their rebellion against a system of arranged marriages where young women are bartered like commodity all the more powerful. The film does not hold back its message, but makes very effective use of off-screen suggestion to convey the physical and emotional abuse the young women are facing. Finally, the male-dominated culture of rural Turkey is portrayed as a complex system of power. For instance, the pivotal role of elder women in the perpetuation of the matchmaking system is clearly shown, and not all of the young sisters have no say in their destiny. A very powerful and timely first film that would have deserved a wider release. Experienced at the IFC Center (NYC) on November 23 in theater 3.



And now on part au galop
2015 se paie une toile 139ème prise "Mustang" (Sortie française le 17 Juin 2015) Quand il ne s'agit pas là du premier film sur des femmes en proie au patriarcat, la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven évite la simple victimisation. Elle filme son groupe de jeunes soeurs avec une exubérante énergie et une grande place donnée au corps. Cela décuple l'impact de leur rebellion contre le système de mariages arrangés où les jeunes femmes sont échangés comme de vulgaires objets. Le film ne s'éloigne jamais de son message, mais il utilise avec succès le hors-champ pour traduire les abus physiques et émotionnelles imposés aux jeunes femmes. De plus, la culture phallocrate de la Turquie rurale est présentée comme un système complexe. Par exemple, le rôle crucial des mères et grand-mères qui perpétuent le système des marriages forcés est clairement montré, et toutes les jeunes soeurs ne sont pas démunies face à leur destin. Un très fort premier film - en plus d'actualité - qui aurait mérité un plus large distribution aux USA. Vu au IFC Center (NYC) le 23 Novembre dans la salle 3.
La bande annonce VOSTF:

Sunday, November 22, 2015

2015 @ The Movies Take 138 The Assassin (刺客聶隱娘 - Nie Yin Niang)

Movie review originally published on Facebook - YEAR 2
Critique cinéma d'abord publiée sur Facebook - 2ème ANNEE:


2015 @ The Movies Take 138 "The Assassin" (刺客聶隱娘 - Nie Yin Niang) From Taiwanese director Hou Hsiao-Hsien, "The Assassin" seems to fit within the codes of the Wuxia genre: ancient China, gravity-defying martial arts, inscrutable political intrigues and a dash of supernatural. However, don't expect the grandiose drama of "Crouching tiger, Hidden Dragon" or "Hero." Hou Hsiao-Hsien's approach is closer to visual poetry where action and plot give way to meditation and contemplation. Composition, color, sound and movement often carry more meaning than the sparse dialogue. The director seems to question our ability to even understand the dynamics of a culture and language lost to history. Through a rich formal tapestry, he invites us instead to connect with people from another time through a more sensorial pathway. Experienced at the Film Society of Lincoln Center (NYC) on November 22 in the Walter Reade theater.

Note that the letter-boxed format in the trailer is not a mistake. The film uses 2 different aspect ratios according to the type of scene as part of its formal game.
Also check out the wordless teaser below which captures the atmosphere of the film better.

And now on contemple l'assassine:
2015 se fait un toile 138ème prise "The Assassin" (刺客聶隱娘 - Nie Yin Niang) (Sortie française le 16 Mars 2016) "The Assassin", du réalisateur taïwanais Hou Hsiao-Hsien, semble adhérer aux codes du genre Wuxia: Chine ancienne, art martiaux virevoltants, des intrigues politiques insondables, et une touche de surnaturel. Cependant, ne vous attendez pas un grand spectacle à la "Tigre et Dragon" ou "Héros." L'approche de Hou Hsiao-Hsien tient plus du poème visuel où la méditation et la contemplation prennent le pas sur l'action et la trame narrative. La composition, les couleurs, les sons et mouvements sont souvent plus chargés de sens que les rares dialogues. Le metteur en scène semble remettre en question notre habilité à comprendre la dynamique d'une culture et d'une langue d'un passé lointain. Au travers d'un riche jeu formel, il nous invite plutôt à appréhender ses gens d'un autre temps grâce à un chemin plus sensoriel. Vu au Film Society of Lincoln Center (NYC) le 22 Novembre dans la salle Walter Reade.
Pas de bande annonce VOSTF, mais ce teaser taïwanais sans parole qui se rapproche plus de l'esprit du film:

Notez que le format carré à bandes horizontales du teaser n'est pas une erreur. Le film utilise deux formats d'images selon les scènes - un élément de son jeu sur la forme.

Friday, November 20, 2015

2015 @ The Movies Take 137 Spotlight

Movie review originally published on Facebook - YEAR 2
Critique cinéma d'abord publiée sur Facebook - 2ème ANNEE


2015 @ The Movies Take 137 "Spotlight" Writer-Director Thomas McCarthy (entertainer) finds the right balance between a character-driven piece and the thrills of investigative journalism. McCarthy is also no stranger to the dramatized newsroom: he portrayed crooked journo Scott Templeton in the last season of The Wire. Chances are that it informed his depiction of the Boston Globe investigative team. The human element both on the side of the journalists and the victims is always compelling but never exploitive. Even though the sex abuse scandal rippled through the Catholic Church worldwide, one of the strengths of the piece is also its very strong sense of place. The film deftly shows how a team of Boston journalists shakes the foundation of their own community. It is also important to show real journalists at work in this era when anyone with a Twitter account may think they can report the news. The cast delivers great performances, but the pacing and editing hold everything together. This is what makes "Spotlight" successful where "Truth", in spite solid acting, did not hit the mark. Experienced at Moxie Cinema on November 20 in theater 2 with TerryRobinson, Susie Pfeiffer & Kurtis Rezendes.



And now faisons la lumière sur:
2015 se fait un toile 137ème prise "Spotlight" (Sortie français le 16 Janvier 2016) Le réalisateur et scénariste, Thomas McCarthy, trouve ici le parfait équilibre entre le drame humain et le journalisme d'investigation. McCarthy a une certaine expérience de la salle de rédaction à l'écran: il tenait le rôle du journaleux corrompu Scott Templeton dans la dernière saison de "The Wire." Il y a fortes chances que cela ait influencé sa vision de l'équipe du Boston Globe. Qu'ils soient journalistes ou victimes, les personnages sont complexes et intéressants et jamais exploités de manière racoleuse. Bien que ce scandale d'abus sexuels ait secoué l'Eglise Catholique à travers le monde, une des forces du film est d'être très ancré dans un lieu. Il montre précisément comment une équipe de journalistes de Boston s'attaque aux fondements de leur propre communauté. Il est aussi important de montrer de vrais journalistes au travail à l'heure où n'importe qui avec un compte Twitter peut se fantasmer grand reporter. La distribution est hors pair, mais le rythme et les choix de montage donnent force à l'ensemble. C'est ce qui fait de "Spotlight" un succès là où "Truth", malgré de bonnes prestations, n'avait pas convaincu. Vu au Moxie Cinema le 20 Novembre dans la salle 2 with Terry Robinson, Susie Pfeiffer & Kurtis Rezendes.
La bande annonce en VOSTF: